Origines et observations sur les courses de lévriers à pari mutuel

Publié le par Claude KLEIN

1.      INTRODUCTION

Pour le commun des mortels, les courses de Lévriers sont interdites en France. Ils pensent que cette activité est typiquement anglo-saxonne.

En France les courses avec pari mutuel existent depuis plus de 70 ans et sont aujourd’hui représentées par une dizaine de sociétés sur le territoire Français. Les épreuves restent très confidentielles et manquent de publicité.

1.      ORIGINE DES COURSES DE LEVRIERS

C’est un jeune américain, Patrick Owen Smith, qui le premier eu l’idée de faire courir des Lévriers après un leurre mécanique. Cela se passait en 1912 en Californie à Emeryville. En France les premières courses sont apparues en 1920. Un premier essai à eu lieu à Bagatelle le 28 novembre 1879 à l’initiative d’Eugène Chapus. Le premier Coursing Club fut fondé en 1890 à Boulogne-Billancourt.

 

En France les courses de Lévriers ont vraiment démarré après la parution du décret réglementant l'autorisation des courses de lévriers et le fonctionnement du pari mutuel voté en 1933. L’administration n’aidant pas au développement des courses, le cynodrome (professionnel) de Courbevoie, qui fonctionna 18 ans, devait fermer en 1951 pour des raisons d’origine fiscale.

 

3.     LE VRAI DEPART DES COURSES AU 20ième SIECLE 

 

Au début du 20ièmesiècle, en Angleterre, les cynodromes se développent : Londres, Wembley, Wimbledon pour ne citer que les principaux. Chaque cynodrome Anglais génère des dizaines d’emploi permanent et des centaines d’emplois partiels. Plusieurs milliers de spectateur sur les cynodromes par réunion avec des enjeux qui sont estimés à près d’un quart de million d’Euro en moyenne. L’Angleterre compte plus de trente cynodromes avec plusieurs centaines de million de Livre en pari mutuel sur les cynodromes et plus de mille million de Livre avec le pari mutuel urbain.

En Australie il a été crée des complexes qui gravitent autour du jeu : hippodrome, casino et cynodrome.

 

En Angleterre les courses avec pari mutuel génèrent en moyenne un chiffre équivalent à celui des courses de chevaux. Parmi les sports retransmis à la télévision, les courses de lévriers se placent après le cricket mais devant le football.

 

Aux Etats Unis, les œuvres de charité reçoivent d’importantes sommes en dollars prélevé sur les jeux aux courses de lévriers. Elles sont classées, en nombre de spectateur, dans les meilleures fréquentations.

 

Les allocations sont importantes. Un record actuel a été réalisé au mois de mars 2006 avec un gain de 500 000 dollars. Le lévrier se nomme Greys Calibrator, et appartient à M. Réné Thouron, un Français président de la société de course de Montauban. Le précédent record, en 1986, était détenu par le lévrier Ben Speedboat sur le cynodrome de Seabrook en Angleterre. Les gains s’étaient élevés à 130 000 dollars. Le record de gain cumulé pour un lévrier a atteint 280 000 dollars pour le lévrier Hompsun Rowdy.

 

Dans les pays ou les courses sont développées, il existe un fort marketing, des produits dérivés et une presse spécialisée. Les entrées sur les cynodromes sont très peu élevé voir même gratuites. Les retombées de cette activité profitent à l’industrie alimentaire, à l’ensemble du monde vétérinaire ainsi que pour l’audio visuel.

 

Il faut attendre la fin de la deuxième guerre mondiale pour voir un vrai développement des courses en France. Le cynodrome de Courbevoie fonctionna de 1936 à 1951. C’est jusqu’à nos jours le seul cynodrome français qui eut un fonctionnement professionnel. Il fermait définitivement ses portes, en 1951, pour des problèmes fiscaux. Pendant ce temps la famille Carus inventait le Tiercé pour les courses hippiques.

 

L’apogée des sociétés de courses de Lévriers en France a été atteint dans les années 80. En 1986 le montant total des enjeux était près des 10 millions de Francs, soit 1 525 000 €uro. En 1990 la Fédération Française des Sociétés des Courses de Lévriers comptait 18 sociétés et 256 réunions de courses de lévriers avec pari mutuel.  Dans les années 2010 la Fédération autorise environ 80 réunions par an.

 

Les pistes sont de deux texture possible : en herbe ou en sable.

 
Les distances sont comprises entre 200 et 600 mètres. Les courses se déroulent toujours corde à gauche et les lévriers sont motivé par un leurre tracté mécaniquement. Les lévriers sont placés dans des boites de départ qui comportent 6 à 8 places.

                                 

Le public, quant à lui, se fait de plus en plus épars, les réunions qui comportent une dizaine de courses ne sont guère suivies par plus d'une cinquantaine de spectateurs.

Cette désaffection du public lors de ces manifestations s'explique en grande partie par l'absence de publicité pour ces épreuves due principalement au manque d'argent des sociétés de courses de lévriers, où prévaut le bénévolat ainsi qu'un amateurisme généralisé. Cette situation écarte également d'éventuels sponsors qui recherchent des retombées médiatiques pour leurs investissements.

Les propriétaires de lévriers, quant à eux, se recrutent essentiellement dans le milieu agricole, en particulier parmi les éleveurs de chiens, dans le secteur des employés et ouvriers, ville et campagne confondues. En effet, les cadres et les descendants de la vieille aristocratie française, représentés depuis le XVème siècle, ont de nos jours désertés ce secteur, considéré comme peu valorisant au profit essentiellement des courses de chevaux au galop.

4.      APERCU DE L’ACTIVITE

 

           a) Un code des courses dépassé. 

 

Les premiers statuts de la Fédération Française des Courses de Lévriers à été approuvée par le ministère de l’agriculture le 13 juin 1978. A partir de ce moment la FFCL a proposé au ministère de l’agriculture un code des courses. La base de travail a été l’ancien code des courses de lévriers du cynodrome de Courbevoie.

 

A ce jour il y a eu que quelques modifications ou aménagements mais le fond est resté identique. C’est ainsi qu’à plusieurs reprises le conseil de la FFSCL s’est trouvé impuissant face à certain problèmes par manque de précision du code des courses.

 

           Le conseil de la FFSCL est plus absorbé à gérer les querelles internes des sociétés et il reste peu de temps pour réfléchir à l’évolution des courses de lévriers à pari mutuel en France.

 

           Les moyens financiers sont réduits au strict minimum pour assurer le fonctionnement des sociétés. Nulle part on trouve un budget affecté au développement. Les infrastructures sont vétustes et leur renouvellement va être très difficile si rien ne change.

 

              Les commissaires ont un rôle de contrôle et d’application du code des courses. La plupart d’entre eux sont en même temps propriétaires de lévriers le risque d’être juge et parti existe réellemnt.

 

b) La législation date de 1938 !! 

 

La réglementation repose sur le décret n° 83-922 du 20 octobre 1983 relatif aux sociétés de courses de lévriers autorisées à organiser le pari mutuel qui a abrogé les décrets du 25 et 26 février 1933 et du 7 mai 1938, et les mesures de déconcentration qui ont suivi (arrêté du 26 mai 1993 modifié par l'arrêté du 20 septembre 2000). Ces textes réglementent et autorisent le pari mutuel uniquement sur les cynodromes. Ce pari mutuel cynodrome limite les possibilités de développement de ce sport au niveau national. Les différents types de paris sur les lévriers sont, comme pour les chevaux, le pari simple, gagnant ou placé; le pari jumelé avec ou sans ordre exact d'arrivée; et enfin le pari trio, sans ordre exact d'arrivée stipulé.

c) Des moyens financiers très insuffisants 

Le cynodrome de Courbevoie démarrait les courses de lévriers avec pari mutuel et un décret en 1933 fixait à 13,5% le taux de prélèvement sur les sommes engagées.

Par décret du 20 octobre 1983, le taux des prélèvements sur les enjeux destiné aux sociétés a été ramené à 8,42%. Aujourd’hui le prélèvement total est de 14,57%. Donc 6,15% de taxe pure et 8,42% seulement pour les sociétés !

1.      UN AVENIR PEU REJOUISSANT

Une refonte de la fonction de commissaire a été décidée et une formation spécifique a été mise en place. Des nouveaux grades de commissaire seront prévus dans la modification du code des courses. Ainsi chaque réunion sera sous la direction et la responsabilité d’un commissaire principal.

La législation sur les courses de lévriers a besoin d’une refonte en profondeur. Il est nécessaire de réviser les textes règlementant l’activité tant pour le fonctionnement que sur le plan fiscal.

Les prélèvements devraient être réévalués de 5 à 6 points pour atteindre 14%. Il faudrait un montant au moins égal ou supérieur à celui des courses de hippiques, ceux-ci bénéficiant du Pari Mutuel Urbain.

Pour que les sociétés sortent de l’ombre, il est essentiel qu’un ou deux cynodromes phare servent de référence pour dynamiser l’ensemble de la fédération des courses de lévriers.

Une des solutions serait de réaliser un rapprochement avec France Galop et ainsi créer une synergie pour réaliser des courses de lévriers sur les hippodromes.

Les hippodromes sont installés depuis de longue date et ont des structures capables de recevoir les courses de lévriers. Ils ont déjà accueillit les sociétés de lévriers. La Société Rhodanienne travaille en partenariat, depuis deux années, avec l’hippodrome de Lyon-Parilly. La Société d’Oraison, dans les Alpes de Hautes Provence, utilise conjointement l’hippodrome et a organisé le Championnat de France en 2005. En 2000 la Société Française a organisé des courses sur l’hippodrome de Compiègne avec près de mille entrées.

Avec une modification des ressources, une professionnalisation les sponsors seraient plus enclins à prendre en considération ce sport canin. Les fabricants d‘aliments pour chiens, les collectivités locales ont déjà participé à différentes manifestations et pourraient ainsi assurer une meilleur viabilité.

Le Pari Mutuel Urbain sur les courses de lévriers permettrait de donner une autre stature et une impulsion à cette discipline.

1.      CONCLUSION

La Fédération Française  des Sociétés de Courses de Lévriers doit trouver rapidement des solutions pour mettre fin à cette situation catastrophique.

Les cynodromes sont actuellement pour la plupart éloignés des centres villes, en pleine campagne et loin des centres de loisir. Il faut réétudier l’implantation des cynodromes existants et pour ceux à venir.

Les améliorations et rendement des cynodromes ne pourront se faire que par une augmentation des ressources. L’accès des joueurs aux courses de lévriers par le Pari Mutuel Urbain et l’augmentation de la part prélevée par les sociétés (actuellement 8,42%) est une solution pratiquement incontournable.

Avec l’augmentation des ressources, le sport ‘’Lévrier’’ retrouverait sa notoriété et ainsi une meilleure crédibilité. Ainsi l’accès au sponsoring et aux subventions des collectivités locales serait plus aisé.

Publié dans bienvenue sur mon blog

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